yves bonnefoy les planches courbes analyse

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» Peut-être le passeur a-t-il peur de ne pas être à la hauteur des attentes de l’enfant ? « L’avènement du monde » Une fois restaurée la « beauté ultime des étoiles sans signifiance, sans mouvement », les acteurs essentiels du rêve peuvent surgir. » Attirance pour la beauté, pour la magie d’Armide et de son jardin, pour le langage. L’angoisse de la mort. Le poète, qui a bu « avidement » à la coupe de la poésie, n’aurait-il pas lui aussi été dans l’excès ? Impuissants aussi à dire et à traduire son désarroi. Cette voix unique, inscrite dans le corps, qui relie le poète au monde et à lui-même, seule capable d’abolir l’écart entre le mot et la chose, cette voix est noyée soudain par « le bruit de fond qui est dans la nuit ». Bibliographie : Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours PUF, article " Bonnefoy " de John E. Jackson. Peut-être Ulysse, investi des rêves du poète, préfigure-t-il le poète à venir ? Coupée du langage du réel, la mythologie personnelle du poète s’avère impuissante une fois de plus à relier l’enfant au monde. Cet épisode du passage se clôt sur un éventail de sensations auditives et visuelles : « le bruit de l’eau s’élargit sous les reflets, dans les ombres ». 2. Elle ressurgit dans le dernier poème de La Maison natale, réhabilitée par le poète. Espace de transition, ce poème est celui du déplacement entre deux lieux. Le décor qui sert de toile de fond à cette nouvelle errance est un décor nocturne, au bord d’un fleuve masqué par des roseaux. Ulysse disparaît, mais le poète lui continue son périple. Voilà le lecteur confronté à une première énigme, celle des mots. 1. À la vision du père dans le jardin vient s’ajouter celle du père à la ville « sur le boulevard ». C’est aussi dans cet épisode que se trouve la première longue parenthèse de ce recueil, qui enserre la scène du jeu de cartes. L’un et l’autre, enfant et passeur, se définissent par le même manque, la même absence relationnelle au père. Exacte symétrie du célèbre oxymore de Corneille: « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Le Cid). Le danger qui enserre la maison semble venir de l’extérieur. », le passeur oppose l’argument de son état : « Ton père ! L’enfant est seul, à nouveau : « J’étais seul », mais le décor de la maison a changé. Ainsi la strophe six se ferme-t-elle sur une énigme, celle des mains qui peut-être « se tendent … pour prendre la corde que nous jetons, de notre nuit. • Quel est le statut de l’œuvre intitulée Les Planches courbes ? La troisième visite à la maison natale semble se solder, elle aussi, par un cruel échec. Le passage des seuils Parvenu au seuil du désespoir, il est à nouveau sur le point de renoncer à l’écriture poétique. ». Il manque la voix. Le rythme régulier est celui du décasyllabe. Où apparaissent, dans l’ordre, « des nageurs », « le navire », « des lampes ». Le poème X de La Maison natale est un hommage aux souvenirs heureux. » À mi-strophe, ce vers joue à lui seul le rôle de seuil, de passage, de bascule. Sur le seuil C’est le lieu où s’ancrent les images génératrices de sens. Le ton est injonctif : « Allons, dit-il. Sans prétention alchimique autre que la « transmutation des métaux du rêve » en « or ». Le « on » qui parle suggère à l’enfant de regarder autour de lui. L’impression de glissement régulier invisible est donnée par les allitérations en [v] qui se faufilent dans les vers, à intervalle régulier: « je m’éveillais », « avions  », « préservés », « va », « voûtes », « avançaient », « voiles », « voulaient », « vie  », « navire  », « souvenir »… L’anaphore « Et je vois », en début de strophe, puis à mi-strophe, introduit éléments du décor et acteurs : « un navire »/« des nageurs ». Une part de la réponse à l’énigme est donnée par l’avant-dernier vers, très ramassé dans sa formulation: « Cérès moquée brisa qui l’avait aimée ». » Actives et vigilantes, elles imprègnent de leur présence physique corps et voix, l’espace intime et chaleureux du foyer. Quel sens donner à ce titre ? Son « couloir » et « son escalier sombre ». Il semble pourtant que l’enfant soit plus près du monde de l’Hadès que du monde des vivants. Le passage de l’extérieur vers l’intérieur se fait au début du septième vers : « Je passai dans la véranda ». Le poète se retourne vers le passé et l'enfance. Peut-être la barque, avec ses « planches courbes », est-elle une variante des bois et branchages amassés précédemment, leur forme agencée pour former une conque ? Un chemin qui semble réel avec son paysage de bords de mer, ses « dunes » et ses « sables »; sa végétation de « bruyères » et son « chardon bleu ». Celle de la montagne et de sa « grappe », celle du « feu léger », celle de la « fumée » et « du fleuve ». Accepter de raviver les « cendres » et ce qui reste encore peut-être de « fièvre » et de « feu »! La poésie d'Yves Bonnefoy est tout en réceptivité, elle puise sa sève dans le perceptif, dans l'intuitif et le sensoriel, dans l'entendement du coeur. 5 Y. Bonnefoy, Les Planches courbes, Paris, Mercure de France, 2001, p. 93. Le mot « planches » évoque la matérialité d’« une pièce de bois plane, plus longue que large » (Robert de la Langue française). Essais sur le sens des traditions corses, éditions Alain Piazzola, 2004. Le ventre protecteur de la barque « Je comprends maintenant que ce fût Cérès qui me parut ». Cours lent du fleuve déjà en partie absorbé par « le bruit des voûtes de la mer ». Ainsi, à peine l’enfant (ou le poète) a-t-il souligné sa solitude, qu’il se ravise et se reprend : « Mais non, nullement seul ». Le chant du rossignol, au seuil du rêve et du sommeil, est le signal de l’irruption du navigateur dans l’univers poétique du narrateur-poète. Celui-ci propose un compromis à Cérès : Perséphone restera six mois de l’année aux Enfers avec son époux. Il semble qu’il en connaisse déjà les rives. 5. Le « je » se « risque » dans l’écriture. La proximité avec l’autre, l’échange, passent aussi par la proximité charnelle d’une voix. Fidèle, solide, présente, la poésie apaise, rassure, rassemble. Profil - bonnefoy yves : les planches courbes - analyse litteraire de l'oeuvre: Analyse littéraire de l'oeuvre Profil Bac: Amazon.es: Bonnefoy, Yves, Andriot-Saillant, Caroline, Brunel, Pierre: Libros en idiomas extranjeros Par ailleurs, le poème s’ouvre sur le couple binaire « Beauté et vérité », en totale symbiose grammaticale en ce début de poème. Le « simple » est là, présent dans « l’odeur » artisanale de « goudron et de colle ». Le dialogue reprend, ponctué par les résistances du géant, par l’insistance de l’enfant dans sa dernière supplication : « Oh, s’il te plaît, sois mon père ! Impliqué au cœur du texte, dans le tressage intime des vers, le rêve impose ses ambiguïtés, entre présence et absence : « être et ne pas être » ; et ses hésitations : « Main qui hésite à toucher la buée ». L’énigme du père Les poèmes IV et V semblent former un diptyque. De même du rêve diurne qui livre son visage: « son front, ses yeux », « son regard ». Le malheur de l’enfant repose sur un malentendu. Elle s’anime de cris, de « voix », de « coups » frappés contre les portes, de « douleurs ». Alors que le premier volet du recueil vient de se fermer sur l’image brutale de la « Vague qui se rabat sur le désir », le second volet s’ouvre sur l’éventualité d’un « réveil brusque ». Ce tout permet d’aborder l’œuvre poétique d’Yves Bonnefoy et d’en appréhender composantes et lignes de force. Comme la vieille femme éplorée s’apprête à toucher l’animal né du prodige, il la fuit et gagne une cachette. Pourtant cette symbiose est instable, remise en question dès le premier vers par la tragédie intense qui se joue : « mais ces hautes vagues ». Le seul monde qui lui soit connu et familier, c’est le monde des morts. LA MAISON NATALE Dans le monde des morts comme dans celui du rêve, les données parfois s’inversent jusqu’à brouiller les pistes du sens. Elle se manifeste dans la métaphore des flèches du soleil qui fait irruption de manière violente dans l’univers ensommeillé des voyageurs. ... sans mouvement, la 3ème partie « Les planches courbes ». Les Planches courbes est le récit en prose qui donne son titre à l’ensemble du recueil Les Planches courbes. 3. Ni la position du vers - inclus entre « la sans-visage » et les « enfants ». Elle est offrande au père afin qu’il puisse tirer « de quoi nourrir » son « espérance ». Ainsi, d’un recueil à l’autre de l’œuvre poétique d’Yves Bonnefoy, se tisse une partition polyphonique. On sent chez le père une interrogation, une incompréhension, un mystère qui le rend « impénétrable ». L’échange À la fois hymne à la poésie et défiance à l’égard de la poésie, l’ensemble oscille sans cesse dans un mouvement de balancier qui oppose positif et négatif. L’exil 3. Ambiguïtés de la maison natale Alors, silencieuse, invisible, la poésie met en place un espace-temps où ancrer les images. Peut-être au seuil des renoncements, au seuil de la vieillesse et de la mort. Interprétation personnelle En même temps qu’un nouveau livre de poèmes, Les Planches courbes, Yves Bonnefoy publie plusieurs plaquettes où ses réflexions se ramifient.Entre ces différents ouvrages, qui entretiennent un singulier dialogue, il est un point commun : le poète s’y retourne vers le passé. Autant de surfaces tremblées, qui se jouent dans les « reflets  », « la buée », l’insaisissable et le flou. Ancrages Le poète énumère les images porteuses de sens, « l’ancre  », « le bois », « l’étincelle », « la première parole », « le premier feu ». » Suivie du dernier refus du géant: « Il faut oublier tout cela… » « Avec le même orient ». La rencontre entre l’enfant et le géant se noue autour d’un dialogue. La formule : « J’ouvre les yeux » fait écho à celle que l’on trouve au début du poème VI : « Je m’éveillai ». L’enfant et lui ne font plus qu’un. Et trouver sa voix. Mais il est possible d’imaginer un dialogue rapide autour de la soif, de son urgence, de la boisson que contient la coupe. Les Planches courbes (Source de la citation) Cherchez Yves Bonnefoy sur Amazon et Wikipédia. Et, un peu plus loin, celle du « voile » de la « déesse » : « le voile de l’eau ». L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note. En VI, le récit commence par la même formule « Je m’éveillai », mais est proposée une variante qui marque une opposition avec les poèmes précédents et évoque un déplacement d’un lieu à un autre : « mais c’était en voyage ». Yves Bonnefoy, (born June 24, 1923, Tours, France—died July 1, 2016, Paris), perhaps the most important French poet of the latter half of the 20th century.Bonnefoy was also a respected critic, scholar, and translator. « De la musique avant toute chose. La troisième offrande Et sa poésie ne parvient pas à rendre au poète une enfance à jamais perdue. | Manfarinu, l’âne de Noël ». Alternant vers brefs, tétrasyllabiques (4 syllabes), vers longs, endécasyllabiques (11 syllabes), ils sont un commentaire du poète sur la difficulté de rendre compte de cet épisode par l’écriture. Chacun est séparé de l’autre, contraint de n’habiter que son propre univers. Le décor de verre et d’eau de la « maison natale » est donc propice à l’apparition progressive d’une nouvelle figure médiatrice. Produit Descriptif Détaillé''yves bonnefoy les planches courbes l hésitation d April 10th, 2020 - hamlet aborde ainsi un undiscovered country qui n est pas la mort que dieu explique mais le néant dans l abîme duquel c est dieu lui même qui sombre dans une réalité assimilée à un réseau d … La parenthèse du poème VII, qui insère l’étrange scène de la partie de cartes jouée entre le père et l’enfant, n’est pas sans évoquer les célèbres Tarots de Milan et de Ferrare. Rencontre suivie de la demande de Cérès à qui il est offert de quoi se désaltérer. Elle suscite celle du miroir. Il est représenté comme pourvu de deux visages, l’un regardant derrière lui, l’autre devant lui. Il fait don de sa poésie. Sans doute cette partie du rêve a-t-elle toujours toute sa force dans la mémoire du poète. Qui est Cérès ? Mais surtout par le déluge qui la pénètre. Aux résistances du géant, l’enfant oppose son obstination : « Mais je resterais avec toi, au bord du fleuve »; « Mais je resterais si volontiers auprès de toi, sur la rive ! Le « seuil » n’appartient-il pas au champ lexical du passage, tout comme la barque ? Mortifiée, Cérès se venge. Et le langage, lui, est séparateur. 8. Il est aussi le temps du retour: « le sommeil d’été, cette année encore ». Qui prolonge le thème du naufrage ; quant à la seconde strophe, elle est à mettre en relation avec le poème III de La Maison natale, puisque Cérès, qui réapparaît ici, est la figure centrale sur laquelle se clôt le recueil. » Entre les deux espaces se trouve l’« aube », propice à l’observation de « l’avènement du monde ». PREMIER VOLET Une forme incurvée, en apparente contradiction avec l’idée même de planche, plutôt associée à l’idée de rigidité. Ainsi se ferme ce premier volet des Planches courbes. La courbure des planches ne peut jouer son rôle de matrice. L’assonance en [u] imprime au poème sa note longue, son long hululement mélancolique. Le refus de la paternité La promesse L’enfant cherche à comprendre et il n’y parvient pas. Quelque chose fait obstacle à « la sans-visage », qui ne parvient pas à rejoindre le monde des vivants. Le titre du recueil, Dans le leurre des mots, fait écho au titre d’un recueil antérieur : Dans le leurre du seuil (Mercure de France, 1975). • « La flamme rouge » (VI) Le voilà dans « la maison natale ». Dans la seconde strophe du poème XII de La Maison natale, le poète revient sur le rêve de sa rencontre avec la déesse. Élément qui entraîne à sa suite « le champ de pierres et de vignes », « une flamme rouge », le « feu des vignerons » et, un peu plus loin, « les montagnes basses ». Le vers deux replace « la maison natale » dans ce qu’elle fut réellement, dépourvue de charme, d’affect et de tout pouvoir onirique : « celle qui fut et rien de plus ». Par sa structure le poème X est proche du poème VII. Et à l’amour: « Aimer enfin Cérès qui cherche et souffre ». Leur échange reste secret. Pour visualiser le plan détaillé de la lecture, CLIQUER ICI.. Ph, G.AdC YVES BONNEFOY, LES PLANCHES COURBES Divagations autour du titre du recueil Le titre éponyme du recueil (Les Planches courbes, Mercure de France, 2001 ; Gallimard, Collection Poésie, premier dépôt légal en 2003) est un titre … À côté de la vieille femme (Mismé) se trouve un jeune garçon (Ascalabos) qui montre du doigt la déesse et rit avec impudence de son avidité. 4. Non plus en proie aux eaux de la mer et du ciel, mais au « vent froid » et « à la nuit ». Le poète y exprime ses résistances face à ce texte lourd de réminiscences autobiographiques. PREMIER VOLET Le langage de l’image et le souvenir La conception de la parole chez Bonnefoy est originale : il s’agit d’une parole ouverte, lieu de célébration et … DANS LE LEURRE DES MOTS Comment, dans Les Planches courbes, passe-t-on d’un recueil poétique à l’autre, d’une laisse à l’autre, d’un seuil à un autre ? Or la barque est présente dès le premier recueil de la trilogie (page 72). • Le père (VII) Se souvenir d’Ithaque. L’impératif « Vois » est répété par cinq fois au cours de la laisse - dont trois anaphores. Assis à la croisée l’un en face de l’autre, les parents sont d’abord présentés de manière indéterminée : « un homme et une femme  ». Les figures de sauveur/sauvé se superposent et se confondent pour fusionner dans des réseaux d’images énigmatiques dont l’issue du récit ne livre pas la clé. « Je suis saisi par ces douleurs qui cognent »/« Trop lourde m’est la nuit qui dure ». Désarroi intense face à la résistance du passeur, désir mimétique de le suivre dans son domaine, de s’assimiler totalement à lui. Construit en deux temps, Dans le leurre des mots constitue une ouverture. Imprégné de « tant d’absence  », il renferme les voix de ceux qui ne sont plus. On trouve la même ambivalence dans le verbe découvrir : « Je découvrais  ». C’est le temps immobile de l’été ajouté à celui des dimanches. À qui adresser ses espoirs mais aussi ses interrogations et ses doutes. « Nous sommes des navires lourds de nous-mêmes SEPTIÈME POÈME La poésie est ce qui reste d’espoir et de vie au monde, de présence au monde. 9. Toutes les références renvoient à l'édition suivante : Yves Bonnefoy, Les Planches courbes, édition Mercure de France, 2001, Paris. Ulysse est au cœur de l’interrogation du poète : Un triptyque agencé autour d’un panneau central plus développé, celui de La Maison natale. Folle de douleur, Cérès n’a de cesse qu’elle n’obtienne satisfaction de Jupiter, père de la jeune fille. Un lieu clos, protecteur, tout en courbes et en creux, dans lequel l’enfant a pris place, « couché au plus creux » de l’embarcation. Le poète reprend à son compte, pour le faire sien, le mythe du « passeur des morts », chargé de conduire les âmes jusqu’à leur dernière demeure. Le poème V reprend, en écho et en l’élargissant, ce qui s’ébauche dans le IV.

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